SEMANTIQUE (mots hybrides (50 % Gr, 50 % L); pauvreté lexicale : recours
massif à l'emprunt; absurdités sémantiques) / PHONOLOGIE (erreurs dans la
dérivation) / ORTHOGRAPHE (erreurs orthographiques dans la dérivation;
difficultés de lecture dues à une orthographe fantaisiste; incertitudes
orthographiques; 2, ... sons = 4, ... lettres; ...) / MORPHOLOGIE (erreurs
morphologiques; incertitudes morphologiques)
Mercier Jacques, Une anagramme, LB 01/08/03 > Mais un kilogramme, un
gramme.
saule marsault = _ marseau (+ pl ?)
Saint-Brieuc / ?/ - Briochins
Saint-Léger / Conseil communal - Pas de pavés dans la mare pour les
trottoirs léodégariens, AL 22/09/03
S. Hq., Atteinte de tégestophilie, VA 25/08/03
Collection de cartons de bière.
chercher à tacher des habits chers
habituer - habitude
La crème des élèves d'une 4e année : 03/10/03 : après ... 10 ans d'
orthographe française...
sur CINQ lignes de traduction:
- confusions : ces - ses- c'est ; a - à ; ou - où
- pluriel des adjectifs : pas de -s, ou -s au lieu de -x
- accents inexistante: très, rôle, ...
abhorrent : 4 sons = 9 lettres !
allaient : 3 sons = 8 lettres !
ailles : 2 sons = 6 ( !!) lettres
Hella André, Pas clair, et pourtant très français ., VA 08/01/1992
Il nous est difficile de parler de langue en toute impartialté, car elle
est
si intimement liée à notre personnalité et à notre vie même que nous lui
accordons d'instinct la préférence sur toute autre.
Ainsi, la qualité par laquelle paraît s'imposer la nôtre est la clarté.
Mais
n'est-ce point là un
préjugé délibérément entretenu depuis plus de trois siècles par notre
chauvinisme culturel ?
Nous sommes tous plus ou moins enclins en effet à associer la langue
français à la philosophie de Descartes, qui ne croyait qu'aux " idées
claires et distinctes ", ainsi qu'aux réformes de Malherbe et de Vaugelas,
qui s'appliquèrent à donner " des règles certaines à notre langue, à la
rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences". A
la
suite de ce grand "réglage", notre langue a été aux jardins de
Versailles,
où le compas et le niveau ont tout disposé, tout ordonné. Et de nos jours
encore, on se complaît à citer l'aphorisme que Rivarol énonça en 1784,
lors
de son discours devant l' Académie de Berlin: « Ce qui n'est pas clair
n'est
pas français ».
A vrai dire, les Anglais, les Russes ou les Polonais n'ont-ils pas le
sentiment, eux aussi, de
parler la langue la plus claire et la plus logique du monde, ne fût-ce
tout
bonnement que parce
que c'est celle qu'ils maîtrisent le mieux ? (.) Il n'est pas du tout
patent
que le français
compte moins d'anomalies et d'incohérences que les autres langues, et il
n'est pas du tout
difficile d'opposer à Rivarol maints tours et expressions qui ne sont pas
du
tout clairs, et qui
pourtant sont très français.
L'emploi de l'adjectif qualificatif en fonction d'autant plus souvent
source
d'équivoques que, pour aller au plus pressé, le français contem****ain
tend,
avec excès, à rem un adjectif le nom
d'une préposition : la maladie paternelle, les prix agricoles, la
prévention
routière, la promotion ouvrière, les spécialistes diplomatiques, des
assurés
sociaux, des blessés crâniens, etc. Cette construction est d' autant plus
aisément utilisée qu'en français l'épithète peut se
tourner soit vers le sujet, soit vers l'objet, en somme s'appliquer aussi
bien à l'agent de l'action qu'à celui qui la subit. On dit 'un récit
palpitant', alros que seul celu qui l'écoute ou le lit est à même de
palpiter. On parle volontiers depuis Molière de malades imaginairess,
alors
qu'il est bien clair que les malades imaginent et qu'ils ne sont en rien
imaginés. Peu avant la dernière guerre, parut un roman d'Anatole de Monzie
dont le titre tout au moins acquit la célébrité : " Les veuves abusives "
Par cette expression qui a fini par entrer dans l'usage, l'auteur
désignait
les femmes qui, de manière trop insistante et trop ostentatoire, tendent à
faire re****ter sur leur personne les honneurs dus à la mémoire de leur
défunt mari. Mais une veuve abusive peut être aussi une femme trop souvent
veuve, une femme qui fait une trop abondante consommation de maris... Il
faut reconnaître que, dans les groupes ainsi formés, il en est bien
d'autres
qui prêtent à sourire : des blessés graves, des accidentés légers, une
place
assise, la brigade criminelle (serait-elle composée d'assassins ?), des
soudeurs autogènes
(c'est la soudure qui est autogène, et non le soudeur, qui ne s'est pas
fait
lui-même, si qualifé soit-il !).
Pour nous conformer aux pseudo-règles de la " concordance des temps ",
nous
remplaçons presque automatiquement le futur par le conditionnel et le
présent par l'imparfait, ce qui
risque souvent de déboucher sur des formes qui heurtent le bon sens. Ainsi
on dira : " Pierre m'a fait savoir qu'il était d'accord " - comme si
maintenant il n'était plus d'accord ! ou " Je lui
ai prouvé que j'étais honnête "- comme si j'avais cessé depuis lors d'être
honnête ! De même
on sera ****té à dire : " Plusieurs religions ont enseigné que les bons
seraient récompensés",
alors qu'on a affaire ici à un futur par rap****t à un présent, non à un
passé, et que seront
récompensés est la forme qui s'impose dès lors en toute logique.
« Ce qui fait acheter les femmes »
Les construction ambiguës ne sont pas du tout rares en français.
Il a vu tuer son voisin : le voisin a-t-il tué ou a-t-il été tué ?
Vends fauteuils pour infirmes en bon état : pour le lecteur de cette
annonce, sont-ce les fauteuils ou les infirmes qui sont « en bon état » ?
Il a entendu gronder son frère sans protester : le frère grondait-il ou
était-il grondé ?
Dans ses « Procès de langage »', André Thérive a relevé maints exemples
d'équivoque
dans la langue la plus courante. J'en retiendrai deux, qui ont en commun
d'avoir servi de titre.
Le premier à un fait divers : Quatre jeunes gens sous la menace d'un
revolver s'emparent
du tiroir-caisse. Qui était sous la menace d'un revolver ? Le second à un
article de magazine : Ce qui fait acheter les femme, formule bizarre qui
signifiait en toute innocence :
" Ce qui pousse les femmes à acheter ".
Les étrangers qui étudient notre langue sont souvent déroutés. Ainsi,
pourquoi, lorsqu'un
automobiliste en percute un second, celui-ci devient-il un tiers ? Si l'on
va au théâtre
l'après-midi, pourquoi est-ce en matinée ? Pourquoi dit-on : " Je vous
verrai dans huit jours '"
alors qu'en réalité on en compte sept ? Et comment expliquer
raisonnablement
à quelqu'un
qu'il est votre hôte quand il vous reçoit et qu'il le restera quand vous
le
recevrez ?
Berns Dominique, Van Parijs Philippe (UCL) : « L'objectif de l'UCL est d'
atteindre 20 % de cours en anglais », LB 23/10/03
Près de 20 % des institutions d'enseignement supérieur d'Europe
continentale offrent des programmes enseignés en anglais- Plus de la
moitié
de ces programmes ont été mis en place dans les cinq dernières années. En
Belgique, le " Master " en économie, créé en 1968 (.) à l'UCL-KUL est le
plus ancien.
L' objectif déclaré de l'UCL est d' atteindre globalement 20 % de cours
en
anglais. (.)
Une étude récente de Lies Sercu (KUL) révèle un consensus entre
enseignants
et étudiants
sur l'im****tance d'une coïncidence entre langue d'enseignement et langue
du
matériau écrit utilisé. Or, dans les domaines scientifiques, 970/0 des
articles publiés dans le monde le sont en anglais.
La mobilité internationale va se concentrer et s'intensifier au niveau
des
maîtrises et doctorats. Pour pouvoir honorer leurs engagements de
réciprocité dans le cadre de programmes d'échange, les pays dont la
langue
est peu répandue n' auront pas d'autre alternative que de
proposer des programmes en anglais. En outre, à mesure que la connaissance
de l'anglais se répand, les universités non anglophones auront des
difficultés croissantes à attirer une masse
critique de (bons) étudiants dans leurs programmes de maîtrise et
doctorat.
Pour beaucoup
de ces programmes, le passage à l'anglais sera une question de vie ou
demort.
Adopter l'anglais, n'est-ce pas mettre nos élites sous la dépendance
politique, économique
et culturelle des Etats-Unis ?
Prenez un échantillon aléatoire de citoyens européens âgés de 15 à 40 ans.
Les données traitées dans une étude récente de Victor Ginsburgh (ULB)
permettent de dire que 33 sur 100 vous comprendront si vous parlez
allemand,
37 sur 100 si vous parlez français et 63 sur 100 si vous parlez anglais.
L'écart entre le français et l'anglais s'accroît encore si l'on inclut les
novueaux pays membres et à mesure que l'on se concentre sur des tranches
plus jeunes. Si l'on veut peser sur le cours des choses en Europe et dans
le
monde, il est impératif de pouvoir user d'une langue que les gens, en
particulier les plus jeunes, soient nombreux à comprendre, tout
spécialement
s'il s'agit de dire ce qui est trop peu dit dans cette langue. Et ce n'est
hélas aussi qu'en organisant enseignement avancé et recherche dans cette
langue que l'on peut espérer enrayer l'hégémonie scientifique et
idéologique
croissante des universités et centres de recherche anglo-saxons. A se
crisper sur des combats d'arrière-garde, on s'assure de perdre les
batailles
du futur.


|